vendredi 10 août 2018

Comprendre la violence des jeunes

Comprendre la violence des jeunes

Cet article n’a, en aucun cas, pour but de légitimer l’action ou de trouver des excuses à des jeunes violents, mais bien de comprendre leurs motivations et leurs réactions :


Image d'une vidéo-surveillance montrant l'agression de Yuriy, un adolescent de 14 ans,
le 15/01/2021 à Paris par neuf individus
Des affrontements ou des lynchages entre bandes rivales d'une réelle violence ont lieu régulièrement ces dernières années. 
En 2020, en France, il y a eu une hausse de ces rixes de 24%.
De même, pour un regard, une insulte ou un vol, une violence aveugle se déclenche entre jeunes mineurs.
Comment comprendre ces violences juvéniles « sans raison » 
qui peuvent entrainer la mort ?


Contrôle par des gendarmes mobiles français
Le sociologue Laurent MUCCHIELLI expliquait dans un article de France Info du 08 aout 2018 les raisons possibles de ces violences chez les jeunes : « Au départ, des violences intrafamiliales dans leur enfance, avec ces jeunes issus eux même de familles très perturbées voire violentes (…) Ensuite, beaucoup d’échecs scolaires (…) puis ce cumul ensuite avec l’absence d’insertion sociale, ce qui est évidemment un encouragement pour participer aux économies parallèles comme les trafics » 



Une enquête très complète de l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé) de 2011 avait apporté un profil sur la violence juvénile, et qui se reproduisait sur le même modèle sur tous les continents.
Voici quelques points importants à retenir de cette enquête :


Voiture incendiée lors des émeutes en 2005 en France
Violence chez les jeunes
Il y a des liens étroits entre la violence des jeunes et d’autres formes de violence. Les jeunes violents commettent fréquemment toute une série de délits et manifestent d’autres problèmes sociaux et psychologiques.

Facteurs individuels
Les principaux facteurs liés à la personnalité et au comportement que l’on peut associer à la violence chez les jeunes sont les suivants : 
- L’hyperactivité
- L’impulsivité
- Une maîtrise insuffisante de soi
- Des problèmes d’attention
- Des antécédents de comportement agressif
- Un faible niveau d’éducation.
- Influence de la famille et des camarades


Le milieu familial joue un rôle fondamental dans le développement des comportements violents chez les jeunes.

Un certain nombre de facteurs familiaux s’associent à la violence des adolescents:
- Un encadrement insuffisant des enfants par les parents,
- Des châtiments corporels durs pour discipliner les enfants
- Des conflits entre les parents pendant la petite enfance
- Un attachement insuffisant entre les parents et les enfants
- Une mère ayant eu son premier enfant trop jeune
- La séparation ou le divorce des parents à un jeune âge
- Une faible cohésion de la famille 
- Un niveau socio-économique faible.

On a également associé la violence chez les jeunes à la fréquentation de camarades délinquants.


Facteurs sociaux, politiques et culturels
Les bandes constituent un puissant ferment de la violence chez les jeunes.

La faiblesse des liens sociaux dans la communauté s’associe également à une fréquence accrue de la violence des jeunes.

- L’administration du pays, sa législation et les moyens mis en œuvre pour l’appliquer, ainsi que sa politique sociale, ont un effet important sur la violence.
- Les cultures qui ne proposent pas de solutions non violentes pour résoudre les conflits semblent connaître une fréquence plus élevée de la violence chez les jeunes.
- Des facteurs comme l’inégalité des revenus, l’évolution rapide de la démographie dans les populations jeunes et l’urbanisation ont été liés au développement de la violence chez les jeunes.

Pour illustrer ce dernier point sur l'augmentation démographique dans les populations jeunes, vous pouvez retrouver, sous le lien qui suit, ce qui se passe à Mayotte, département français au sud de l'Océan Indien:


Mayotte 2018
>>> Cliquez ici <<<



Facteurs de risque
Les facteurs qui augmentent les risques de violence chez les jeunes sont complexes.
Facteurs de risque au niveau individuel
- Consommation précoce d’alcool, de drogues et de tabac;
- Croyances et comportements antisociaux;
- Niveau intellectuel bas et mauvais résultats scolaires;
- Manque d’investissement scolaire et échec scolaire;
- Appartenance à une famille monoparentale;
- Séparation ou divorce des parents;
- Exposition à la violence au sein de la famille.


Facteurs de risque dans le cadre des relations avec les proches 
(famille, amis, partenaires intimes et pairs)
- Manque de surveillance et d’encadrement des enfants par les parents;
- Pratiques disciplinaires parentales dures, laxistes ou incohérentes;
- Faible niveau d’attachement entre les parents et les enfants;
- Manque d’intérêt des parents pour les activités des enfants;
- Abus de substances psychoactives ou délinquance des parents;
- Faible niveau de revenu familial;
- Association avec des pairs délinquants.


Facteurs de risque au sein de la communauté 
et plus largement de la société
- Faibles niveaux de cohésion sociale dans la communauté;
- Présence de gangs et offre locale d’armes à feu et de drogues illicites;
- Absence d’alternatives non violentes pour la résolution des conflits;
- Fortes inégalités de revenu;
- Changements sociaux et démographiques rapides;
- urbanisation;
- Qualité de la gouvernance d’un pays (lois et application de celles-ci, de même que politiques d’éducation et de protection sociale).




Force de maintien de l'ordre suisse lors d'une manifestation à Zurich
On peut également rapprocher une analyse trouvée sur le site fédérale suisse  « Jeunes et violences » qui montre aussi ces indications qui sont aussi transposables dans divers pays du monde :

Bien qu’en Suisse, les spécialistes ne soient pas d’accord sur l’envergure précise et l’évolution de ce phénomène, il apparaît clairement que les délits constitués par des actes de violence ne sont le fait que d’une minorité de jeunes. Ils sont néanmoins lourds de conséquences pour les victimes, pour l’ensemble de la société, mais aussi pour leurs auteurs.



CONTEXTE SOCIAL ET ESPACE PUBLIC
Alors que les principaux lieux d’apprentissage et de vie des enfants sont la famille puis l’école, le rayon d’action des jeunes s’étend, lui, au voisinage, à l’espace public et aux réseaux sociaux de type "Tik Tok" ou "SNAPCHAT". De nouveaux environnements qui peuvent se muer aussi bien en facteurs de protection qu’en facteurs de risque. 


Contrôle de police en Suisse
Ainsi, la consommation d’alcool et de drogues, des activités de loisir non structurées, des sorties fréquentes le soir, la faiblesse du contrôle social, de mauvaises fréquentations, des messages et/ou harcèlements haineux ainsi que des "Challenges" pour des épreuves violentes sur les réseaux sociaux, sans oublier des quartiers accumulant des problèmes sont autant de facteurs susceptibles de favoriser l’apparition d’un comportement violent.


Contrôle d'adolescents par des policiers suisses
Problèmes de violence dans l’espace social
Dans les villes suisses, la fréquence des cas de violence varie parfois fortement suivant les quartiers.
Les facteurs déterminants sont les suivants : la qualité de la cohésion sociale dans le quartier, l’implication des parents dans les activités scolaires et les animations de quartier, la proportion de familles en difficulté dans cette partie de la ville.


Arrestation d'un suspect par la police suisse
Au petit matin, fin de journée et le week-end
Au centre-ville et dans les rues fréquentées, les incidents se multiplient surtout au petit matin fin de journée et le week-end.

Le vandalisme et les nuisances sonores font également partie des problèmes récurrents dans les communes alentours et les transports publics.


Contrôle en gare de Lausanne de la Police suisse
Les places publiques, les gares, les stades, les centres commerciaux, les pôles d'échanges de transport et les parcs sont considérés comme des foyers de tension car ce sont des points de rencontre privilégiés des jeunes
La consommation d’alcool et de drogue ainsi que les rassemblements de jeunes prêts à en découdre jouent également un rôle important.




On constate également que dans de nombreuses agressions au couteau, des mineurs sont mis en cause: En 2017, lors d’une visite dans une école londonienne, un officier de Police avait demandé à des élèves de niveau CM2 qui parmi eux connaissaient quelqu’un de leur entourage portant un couteau sur lui, les trois quarts des enfants avaient levé le doigt… (Sources : Le Monde du 09/05/2017). En Allemagne, dans certaines villes, comme BERLIN, il y a en moyenne sept agressions au couteau par jour, soit 2737 cas recensés en 2017. Sur 1828 suspects, 271 était des adolescents dont 80 de moins de 14 ans... (Source: BILD du 18/03/18)

>>> Cliquez ici <<<



Armes artisanales retrouvées dans des cartables d'enfants de CM1 et CM2 
sur l'Ile de Mayotte en 2018
Ce phénomène se retrouve également dans des zones de France comme à Mayotte en 2018, avec des enfants de CM2 sur lesquels avaient été découvert ces petits couteaux artisanaux…



Contrôle d'identité par des policiers français
Nous pouvons voir enfin des raisons sur les violences urbaines en France avec l'utilisation d'adolescents, l'effet de groupes et de bandes, ainsi que l'utilisation des réseaux sociaux pour augmenter ou inciter à la violence.

>>> Cliquez ici <<<


et la web série au 1/87

" GSG9 - Unité spéciale "














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